Eté 1961.
Joël, adolescent rêveur et plein d'illusions, monte avec ses copains de classe un groupe de rock judicieusement nommé: LES ROCKER'S.
Avec nostalgie et une bonne dose de dérision, Joël raconte dans son livre intitulé:
" 85 ANS A EUX CINQ ", la genèse puis le parcours artistique qui conduisit les cinq rockers des premières répétitions dans le garage des parents jusqu'aux plateaux de l'ORTF, en passant par d'épiques prestations lors de galas en province profonde, et des rencontres parfois cocasses avec des célébrités du moment, Eddy Mitchell, Nancy Holloway, Richard Anthony, Christophe et bien d'autres.
Ce récit, pour ces cinq jeunes banlieusards de la classe moyenne, est celui d'une véritable aventure initiatique dont la simple évocation aujourd'hui, leur fait encore remonter des bouffées de joie au coeur.
C'est également une chronique sur cette époque, avec l'avènement du scooter et du transistor, l'esplosion du 45 tours, l'âge d'or de "Salut les copains", l'apparition du phénomène des idoles, une abondance de rêves illusoires venant compenser le mal de vivre, les échecs scolaires, l'acné, les conflits parentaux...
A LIRE ABSOLUMENT CHEZ ABM-Editions.
SES ORIGINES:
Né d'un père méridional et d'une mère bourguignonne, son enfance fut un calvaire. Déchiré entre daube provençale et boeuf bourguignon, entre huile d'olives et saindoux, entre tomates et patates, très vite, Joël dut trancher: se sera blanquette de veau, beurre persillé et nouilles au gruyère.
Enfant il se prit de passion pour Annie Cordy, Marcel Amont Charles Aznavour, l'harmonica et le gras de jambon, avant qu'il ne devienne à l'adolescence fanatique fou des copines de sa classe, des photos de Brigitte Bardot qu'il matait en cachette dans le "Cinémonde" de sa mère, de Paul Anka, des Platters, et surtout d'Elvis.
Sa libido aidant, il ne mit pas longtemps à comprendre que s'afficher avec une guitare constituait un indéniable atout pour tomber les filles (ou comme on dit maintenant pour pécho des meufs). Ni une ni deux (ni trois d'ailleurs), il acheta sa première guitare et fila à l'école de musique Paul Beuscher où pendant deux ans il se mit les doigts dans la tête pour apprendre qu'une blanche valait deux noires, qu'une noire valait deux croches et qu'une main aux fesses valait deux baffes.
LES ROCKER'S
Puis arriva l'aventure des Rocker's. Avec ses copains de collèges Michel, Daniel, Bernard et Claude tous fous d'Elvis, ils décidèrent de faire comme les Chaussettes Noires: monter un groupe de rock. Les Rocker's firent une carrière honorable avec deux disques, pleins de galas dans les grandes salles parisiennes, quelques passages radio et télé. En trois ans de 1960 à 1963, ils se taillèrent une renommée mondiale qui s'étala du nord de l'Essonne au sud du Val de Marne.
Le service militaire mit fin à cette merveilleuse aventure.
SOUS LES DRAPEAUX
Il partit pour la caserne de Joigny, la mort dans l'âme, la fleur au fusil et le trouillomètre à zéro car au delà de cette période de classe en bourgogne, se profilait une villégiature dans les Aurès où la guerre d'Algèrie battait son plein. Sur place il fit la connaissance d'un confrère guitariste (cousin de Claude Nougaro), et, après avoir rapatrié sa Gibson ils organisèrent des répétitions dans le foyer des soldats.
Joël entama alors des démarches pour tenter de rester à Joigny après ses classes. Ayant appris que le joueur de clairon qui le réveillait tous les matins, approchait de la quille, il se positionna comme successeur éventuel et c'est ainsi que tous les soirs on put le voir, assis le cul dans l'herbe au pied d'un noyer ancestral, occupé à cracher ses poumons dans cet instrument de cuivre cabossé pour interpréter à l'attention des lapins, des oiseaux et des vers de terre, les différentes sonneries: le réveil, le rassemblement, le salut au drapeau, le coucher et autres charmantes mélodies militaires.
Persuadé que sa bonne volonté, son travail acharné et son vif désir de rester à Joigny auraient été de nature à inciter les instances dirigeantes à l'embaucher comme clairon, c'est confiant que Joël décacheta son ordre de mission et qu'il lut: le cannonnier Joël Jourdan est affecté à Offenbourg au poste de reporter photographe. Voilà comment il s'est retrouvé au pays de la bière et de la saucisse,(oui je sais c'est un peu réducteur, l' Allemagne c'est aussi la patrie de Goethe, Beethoven, Mahler et de la ... choucroute).
LOS AMOEL
L'internaute perspicace que tu es, aura compris que, très vite, un nouvel orchestre fut mis en place. Constitué de deux adjudants, l'un pianiste alcoolique, l'autre contre-bassiste obsédé sexuel, de cinq appelés, un accordéoniste moustachu, un saxo consciencieux, un trompettiste beau gosse, un clarinettiste laborieux un batteur asthmatique et d'un guitariste de rock égaré, notre ami Joël.
La formation LOS AMOEL était née, elle allait animer pendant seize mois, tous les bals des garnisons alentour, nombreuses à cette époque en Allemagne. Le pianiste était payé en canettes de bières, le bassiste se servait en femmes de sous-officiers,quant aux appelés ils étaient rémunérés en jour de permissions ce qui leur convenait tout à fait.
CAVALIER SEUL
Libéré des obligations militaires, Joël entama alors une carrière d'auteur compositeur interprète. Accompagné d'un second guitariste, il fit quelques galas et passa des auditions. Son style était assez indéfinissable : un mélange de Bécaud,Vassiliu, Boris Vian et Bobby Lapointe. Ce coktail étonnant mais sans dout pas détonnant, n'eut pas l'heur de plaire aux professionnels de l'époque, à part Guy Lux qui s'amusa beaucoup à l'audition qu'il accorda à Joël. Malheureusement il n'y eut pas de suite.
Joël fit encore quelques prestations guitaristiques, notamment au sein de l'orchestre de Rythm'n blues du club des "Toppers" ou il fut le seul blanc de la troupe, puis accompagna les "Dolly Sisters" surnommées les "jumelles de la chanson" parce qu'elles étaient jumelles et qu'elles chantaient, enfin il fit quelques remplacements dans l'orchestre de danse typique de Ricardo Pérez, nommé ainsi parce qu'il s'appelait Ricardo Pérez.
Hélas, petit à petit, Joël se démotiva de la carrière musicale et finit par mettre sa guitare au clou.
Il se tourna alors vers la peinture, art qu'il pouvait exercer seul chez lui. Quel rapport me direz-vous? J'en sais rien vous répondrais-je, mais c'est ainsi. Il troqua son médiator contre des pinceaux et sa Gibson contre une télé même pas en couleur.
JOËL ECRIVAIN
Puis le miracle se produisit : quarante ans plus tard, les Rocker's, tous au bord de la retraite,se retrouvèrent après s'être oubliés toutes ses années, et décidèrent de se réunir régulièrement pour évoquer le passé et se faire de bonnes bouffes.
C'est à ce moment que Joël pris une orientation nouvelle. Il troqua ses pinceaux contre une plume d'oie et un parchemin, enfin plus exactement un ordinateur et une imprimante et se mit à l'écriture de son premier bouquin, dont le sujet fut tout trouvé: il allait raconter la merveilleuse épopée des Rocker's.
Le livre s'appelle : 85 ANS A EUX CINQ et est édité chez ABM-Editions. Naturellement ami internaute, je t'en recommande chaudement la lecture.
LA RENAISSANCE
Mais il y eut dans la vie de Joël un second miracle : l'envie de reformer les Rocker's et de remonter sur scène. Et ça, c'est vraiment ce qui pouvait lui arriver de mieux : REVIVRE SA PASSION REFOULEE. Ce projet fou est maintenant concrétisé avec la formation du : ROCKER'S BLUES BAND.